dimanche 5 février 2023

Opération "polaires" à l'école Saint Joseph du Pilier Rouge

Dans le cadre de leur oral de Bac ASSP, joliment appelé " Chef d'œuvre " , Eline, Célia et Séréna devaient monter un projet en lien avec l'aide à la personne. 


Eline, Célia et Séréna



C'est le thème de l'enfance en difficulté qu'elles ont choisi de porter, en organisant une intervention dans une école brestoise afin d'inciter de jeunes écoliers à se mobiliser pour aider des enfants vietnamiens.

A leur demande, je suis donc intervenue lundi dernier à l'école primaire Saint Joseph du Pilier Rouge pour présenter aux enfants les conditions de vie difficiles des enfants des rizières et pour leur expliquer comment notre association intervenait pour les aider.




Après avoir visualisé un premier film sur les conditions de vie des écoliers dans le nord du Vietnam, les enfants ont découvert les projets menés par l'association ces dernières années.





A la fin de l'intervention les questions furent nombreuses.

Un petit garçon qui venait de comprendre que le riz était le principal aliment consommé dans les montagnes m'a demandé  comment faisaient les enfants vietnamiens qui n'aimaient pas le riz? 

L'absence de téléphones portables, de consoles de jeux, d'ordinateurs et même de voitures dans le quotidien des écoliers des rizières a beaucoup fait réagir.

Une petite fille m'a demandé comment faisaient les enfants qu'elle avait vu sur les films pour aller chez le coiffeur ... 

En voyant les maisons sur pilotis, une autre petite fille a eu cette incroyable réflexion : Donc, ils font du camping toute l'année !

Très sensibles à nos actions, les enfants ont dit que nous étions très gentils d'aider les écoliers du Vietnam. Un petit garçon a même sorti de sa poche les 2 cts qu'il possédait pour  les offrir aux enfants vietnamiens.


Eline, Séréna et Célia ont ensuite proposé aux enfants d'apporter à l'école des polaires trop petites pour eux afin de les donner aux petits vietnamiens. Puis elles ont distribué les flyers qu'elles avaient préparés pour les parents. 






En plus des polaires, les enfants ont également souhaité faire des dessins pour les écoliers Vietnamiens, 

Lorsqu'à 15 h00, les notes de la musique Enola Gay d'Orchestral Manœuvre in the Dark sont arrivées à leurs oreilles sur les dernières images du film, les enfants se sont mis à danser sur leur chaise. Certains ont même poussé l'audace jusqu'à se lever pour mieux balancer leurs bras en l'air.

L'heure de la récréation venait de sonner. Mais avant de les libérer, j'ai annoncé aux enfants, que nous partions au Vietnam au mois d'avril. 

Un petit garçon s'est alors exclamé : "Mais je savais pas qu'on allait tous au Vietnam !"

J'ai dû lui expliquer que le "nous" n'incluait malheureusement pas tous les enfants de son école mais uniquement 16 Lampaulais.


Cette rencontre avec les enfants fut passionnante, mais déroutante aussi, parce qu'il fallait trouver des réponses à des questions parfois surprenantes. Mes enfants étant aujourd'hui grands, je dois vous avouer que j'avais oublié qu'avec les jeunes enfants, il faut faire attention à chaque mot prononcé ! 

Merci  Eline, Séréna et Célia, de m'avoir associé à votre beau projet et bonne chance pour votre épreuve du chef d'œuvre qui vous permettra, je l'espère, d'obtenir une bonne note pour le Bac.

Et Merci aux enfants et aux enseignants de l'école Saint Joseph du Pilier Rouge pour ce bel après midi en votre compagnie. 


Si vous avez au fond de vos placards des polaires ( 2-14 ans) trop petites pour vos enfants, n'hésitez pas à nous contacter ou à les apporter chez un des membres du groupe que vous connaissez. 

 

samedi 4 février 2023

Les matériaux sont arrivés !


Dans le Nord du Vietnam, le petit hameau de Hoa My vit depuis un mois au rythme du chantier de la nouvelle école.





L'ancienne école est à présent totalement démontée et compte tenu de l'absence de route, des convois de motos ont permis à tous les matériaux d'arriver à destination.

Malgré un arrêt des travaux pour célébrer les fêtes du Têt (nouvel an asiatique), le chantier avance au rythme initialement prévu et l'école aura d'ici un mois, quatre murs et un toit.









Pour que les enfants puissent continuer à aller à l'école, un petit abri a été construit avec un peu de bois, quelques tôles et des bâches. En cette période hivernale, c'est loin d'être une situation idéale, mais c'est malheureusement une étape indispensable pour leur permettre d'intégrer au printemps la belle école dont ils rêvaient.






Malgré le contexte difficile, les sourires restent présents




dimanche 15 janvier 2023

A Hoa My, l'ancienne école est démontée

La semaine fut intense dans le petit hameau de Hoa My.

En 7 jours, sans outillage spécifique et à la seule force des poignets, l’ancienne école a été démontée.










mercredi 11 janvier 2023

Une école à Hoa My en mémoire de Mary

Lorsqu’ à la fin du mois d’octobre dernier, nous avons décidé de nous lancer dans l’organisation du voyage humanitaire d'avril 2023, je me suis demandée par où commencer. Et ma première idée fut de rendre une petite visite à celle qui est à l'origine de ce voyage.




J’ai ensuite contacté mes amis Bau et Huong au Vietnam pour leur demander de rechercher une école que nous pourrions financer. C'est Bau qui le premier a trouvé une école correspondant à nos souhaits et nous avons commencé à travailler sur ce projet.



Bau


Mais quelques semaines plus tard, il a appris que dans une région bien plus pauvre du Vietnam, à Tram Tau, la construction d’une autre école était une plus grande priorité.

Nous connaissions la région de Tram Tau pour y avoir déjà mené des projets en 2014 : construction d’une route, installation de citernes d’eau, distribution de bottes et blousons dans des écoles ...













Il y a 9 ans, la mise en place de nos actions humanitaires à Tram Tau avait été très compliquée. Alors, conscients des difficultés que nous risquions de rencontrer, nous avons eu beaucoup de mal à nous engager. Mais cette école hommage à Mary devait refléter sa personnalité. Celle d’une femme qui ne baisse pas les bras face aux difficultés. C'est pour elle, que nous avons accepté de donner notre accord pour ce sacré projet.


Dans un petit hameau de Tram Tau portant le joli nom de Hoa My, 30 enfants de maternelle sont actuellement scolarisés dans une vieille école en tôle construite il y a plus de 20 ans.
















Aujourd’hui la tôle commence à rouiller, de nombreuses fenêtres sont cassées et quand en été, les températures dépassent les 40°, la chaleur devient insupportable pour les jeunes écoliers. Et quand vient l’hiver et que les températures sont inférieures à 10°, les enfants sont frigorifiés et doivent conserver leur manteau dans la classe pour se protéger.







En attendant la construction de la nouvelle école, Thu, la petite sœur de Bau, leur a apporté des bonnets et de nouveaux manteaux, car pour ces jeunes écoliers, des vêtements chauds sont aussi indispensables que des cahiers et des stylos.





des bonnets, des blousons mais aussi des bombons... 


A Hoa My, les enfants de maternelle, n’ont pas de cantine. Ils arrivent donc le matin avec un récipient contenant un peu de riz qu’ils mangent froid à l’heure du déjeuner, assis par terre.





Alors, nous avons rêvé pour eux, d’une grande école bien isolée pouvant accueillir jusqu’à 60 élèves et permettre ainsi, dans les années à venir, à tous les enfants de Hoa My d’être scolarisés.

Il nous a également, paru important, que cette école soit équipée d’une cantine, d’une cuisine et de sanitaires.

Et pour que les courageux instituteurs et institutrices qui enseignent dans cette petite école de montagne puissent avoir une petite pièce rien que pour eux, nous avons aussi prévu une salle des professeurs.





Compte tenu de l’absence de route menant à l’école, aucun camion ne pourra passer. 









C’est donc sur des motos que devront être montés les briques, les sacs de ciment et tout le matériel nécessaire à la construction de l’école.

Rien n’est simple et c'est un véritable défi que nous nous apprêtons à relever. 

Compte tenu des lourdeurs administratives, le lancement du chantier a pris du retard, mais comme le disent si bien nos amis vietnamiens, « jusqu’à présent tout va bien !». 


Le démontage de l’ancienne école a débuté le week-end dernier, et la durée du chantier étant estimée à 3 mois, nos amis nous assurent que lorsque nous arriverons, la nouvelle école sera terminée.







Pour les occidentaux que nous sommes, construire une école dans de telles conditions, sur un si court délai parait irréalisable. Mais la première école que nous avons construite au Vietnam a été montée en 12 semaines. Alors on croise les doigts, on leur fait confiance et on est de tout cœur avec eux. 


Le prix de cette école est de 20 000€. L’école des rizières finance ce projet à hauteur de 16 000€, notre ami Bau, a fait un don de 2000€ et des événementiels sont programmés au Vietnam pour boucler le budget. 


Nous voudrions dire un immense merci à Bau, pour son investissement à nos côtés.

Quand nous l'avons rencontré, Bau avait 22 ans. Il était le guide stagiaire qui accompagnait notre guide francophone lors de notre premier voyage au Vietnam. 







Au fil des années, nous l'avons vu grandir, évoluer et à 36 ans, nous sommes aujourd'hui très fiers de le voir gérer avec beaucoup d'humanité ses 300 salariés dans le secteur du tourisme. 

Mais notre plus grande fierté est de l’avoir inspiré à travers l’école des rizières et de le savoir aujourd’hui investi dans de nombreuses associations humanitaires vietnamiennes dont celle qu’il a créée.

Nous ne savons pas comment il fait, mais malgré son emploi du temps hyper chargé, Bau est également praticien en médecine traditionnelle, très investi dans une association bouddhiste et amoureux d'un instrument de musique ancestral qu'il pratique avec passion comme vous le découvrirez dans la vidéo ci-dessous.




Bau fait parti de ces êtres à part, que la vie a mis sur notre chemin et nous nous réjouissons depuis 15 ans, de voir notre amitié traverser les années.

Compte tenu de ses multiples activités, c’est à Thu sa petite sœur, que Bau a confié le suivi du chantier. Elle est réactive, efficace, et c’est un véritable plaisir de l’avoir comme coéquipière à nos côtés. Merci à eux.



Thu

Etant donné que Bau a pris en charge la construction de l’école, c’est à notre amie Huong que nous avons confié l’organisation de notre circuit et la mise en place d’actions humanitaires sur notre trajet. Je reviendrai bientôt vous en parler


mercredi 14 décembre 2022

Une école pour Mary : Les participants au voyage


Le voyage humanitaire en mémoire de Mary se déroulera en avril prochain et son mari Laurent et ses 3 fils Elouan, Matelin et Néven ont souhaité nous accompagner.

Les parents de Mary, Annick et Pierre ont, eux aussi, tenu à être présents pour l’inauguration de l’école en mémoire de leur fille.

Perrine, la sœur de Mary, son mari Alain, et leurs 2 enfants Noam et Lison feront aussi le voyage.

Et enfin, pour que la famille soit au complet, Maxime, le frère de Mary, son épouse Virginie et leur fille Laélia seront également à nos côtés.


La famille de Mary


Ce voyage, ils le feront pour elle et avec elle, alors, sans une photo de Mary, cette présentation serait inachevée.


Mary



16 billets d’avion sont réservés, le circuit humanitaire est déjà prêt et c'est avec notre fille, que nous les accompagnerons dans cette aventure qui s'annonce riche en émotions.


Didier, Lylane et Christine


Je tiens à préciser, ici, que tous les participants prendront à leur charge tous les frais inhérents à ce voyage étant donné que chaque euro collecté par l’association est intégralement reversé aux enfants.


Depuis quelques semaines, toute la famille de Mary est mobilisée pour préparer ce grand voyage et je laisse la parole à Laurent pour qu’il puisse profiter de ce blog pour s’exprimer.


Laurent et ses fils


Bonjour.


En avant-propos, j’avoue être dépourvu de mots assez forts pour exprimer toute mon immense gratitude envers Christine et Didier, et plus largement envers leur association « l’école des rizières » et leurs amis Huong et Bau qui œuvrent au quotidien avec pugnacité et engagement sur place.


Mary laisse, derrière elle, son empreinte indélébile, son mode de vie et sa philosophie.

Le sens de sa vie, c'était de rendre service aux autres. Elle est de ces personnes qui font pour les autres, ceux qui partagent, ceux qui donnent et ne demandent rien.

C’est donc tout naturellement, que cette association lui tenait à cœur et qu’elle la soutenait avec ferveur et conviction.


Au mois d’avril, nous accompagnerons l’association au Vietnam, afin d’inaugurer une école en sa mémoire.

Je profite de la tribune qui m’est ainsi offerte pour remercier du fond du cœur l’ensemble des donateurs et notamment le festival des petites folies, le trail La Lampaulaise et le Football Club Lampaulais.

C’est bien vous tous qui en êtes les maçons.

MERCI !


Ce voyage s’inscrit donc dans le cadre d’un hommage mais il sera également pour nous, l’occasion d’aider les enfants des rizières en leur offrant des vêtements chauds, et dans le même temps d’aider les parents, en construisant une route de montagne, en distribuant des sacs d’engrais, et en fournissant des citernes d’eau.


Ces beaux projets que nous souhaitons réaliser avec nos petits bras musclés ont pour objectif commun d’essayer d’améliorer, à notre échelle et en toute modestie, leur quotidien.

C’est sur ces mots, que je souhaite de bon augure, que je conclus.

Kénavo / từ biệt ! et Merci / Cảm ơn !

Laurent, Elouan, Matelin et Néven.



Les cousins-cousines


Les 3 fils de Mary, ses 2 nièces et son neveu, nous ont demandé de leur créer une cagnotte en ligne pour qu’ils puissent se mobiliser pour collecter des fonds afin d’aider un maximum d’enfants  pendant leur périple humanitaire.

Merci de les aider à la partager.

https://www.leetchi.com/c/voyage-humanitaire-2023-au-vietnam



lundi 12 décembre 2022

Une école en mémoire de Mary : Une belle histoire pour commencer…

« Ils ont quitté leurs terres,

leurs champs de fleurs et leurs livres sacrés,

traversé les rizières,

jusqu’au grand fleuve salé » …


Vous connaissez sans doute les paroles de la chanson « Plus près des étoiles », dans laquelle le groupe Gold raconte l’exil des sud-vietnamiens fuyant le régime communiste à la fin des années 70. Et comme l’explique la chanson, c’est au péril de leur vie, qu’ils ont pris la mer, « pour oublier les rivages brûlants »...

L’histoire les a nommés les « Boat People » .


Le 27 août 1977, le pétrolier Miralda fait route, en mer de Chine, les cuves chargées des 200 000 tonnes de pétrole, qu’il doit acheminer . A son bord, tout le monde connaît François Mingant, natif de Plouarzel dans le Finistère, qui est un bosco (maître d’équipage), respecté et fort apprécié.


François Mingant


C’est à l’âge de 12 ans que François a débuté sa vie professionnelle dans une ferme, puis en 1945, c’est en tant que volontaire qu’il s’est engagé comme fusiller marin en Indochine. Les atrocités de cette guerre l’ont longtemps tourmenté. Mais la vie devait continuer et l’appel de la mer et l’envie de découvrir de lointaines contrées ont mené François vers une carrière dans la marine marchande.


A bord du Miralda, le soleil venait à peine de se lever, lorsque à travers l’objectif de ses jumelles, François a repéré, au large, une vieille barcasse éventrée qui menaçait de couler. A son bord, 3 bébés, 27 enfants, 4 adolescents, 21 femmes et 15 hommes risquaient de se noyer. Terrifié par le spectacle de ces 70 Boat People vietnamiens que la mer s’apprêtait à avaler, François a alerté son commandant et lui a demandé d’intervenir pour tenter de les sauver.

Malgré son insistance, sa requête fut refusée.




Alors n’écoutant que son cœur, François a convaincu une grande partie de l’équipage de se mobiliser pour l’aider. Et c’est ainsi qu’une négociation ardue, à bord du pétrolier, a forcé le commandant à dévier sa trajectoire pour porter assistance aux naufragés.

Lorsque le Miralda est rentré au port, François fut convoqué par sa direction et très lourdement sanctionné puisqu’il a été rétrogradé.




Son grand cœur lui a fait perdre sa fonction de maître d’équipage, mais pour tous les vietnamiens qu’il a sauvé, il est resté jusqu’à sa disparition en 1983, le cher Monsieur Bosco qui les avaient sauvés.

C’est ainsi que débutaient les lettres des vietnamiens qu'il a reçu pendant de nombreuses années.

François n'a jamais regretté d'avoir sacrifié sa carrière, au nom de son humanité et lorsqu'à la fin de sa vie, il racontait cette histoire, dans l'intimité de son foyer, il disait à ses enfants et petits enfants:

« La guerre m’avait donné une dette envers les vietnamiens. Je l’ai payée. Je peux partir en paix »

Cette histoire a bercé l’enfance de Mary.

François était son grand-père .

Et c'est incroyable, qu’à l’occasion du 40ème anniversaire de sa disparition, la vie, nous emmène au Vietnam, pour inaugurer une école, en mémoire de sa petite fille Mary, venue le rejoindre de l’autre côté...


Mary et son grand père


 François avec son épouse Yvonne, ses 2 filles Annick et Hélène, son beau fils Pierre et la petite Mary


Il y a parfois dans les familles, de belles histoires qui méritent d'être partagées. 

Merci à Perrine, la sœur de Mary, à Annick sa maman et à sa tante Hélène, de m'avoir offert l'opportunité de découvrir la destinée d'un homme dont la personnalité m'a beaucoup touchée.

Je vous propose de terminer ce récit par une chanson que Pierre, le papa de Mary et beau fils de François avait envie de partager.

Lorsque j’ai écouté les paroles, j’ai eu l’impression qu’elles avaient été écrites pour illustrer l'histoire que je viens de vous raconter.

Les photos que vous découvrirez dans ce montage vidéo ont été prises à bord du Miralda, le jour du sauvetage.